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Honneur et longue vie aux bénévoles
86 bénévoles du CAF de Caen et des CAF
de Basse Normandie ont reçu le congrès de la Fédé en janvier
2011. Au premier regard, accueillir le congrès peut, tenir à
la fois du pari, du bluff, de la prouesse. De l’événement
pour l’événement, de l’éphémère, un de plus…C’est recevable,
cela fait partie de l’un des reflets du prisme que nous
avons bâti.
Plus profondément, j’aimerais beaucoup
insister sur la gratuité de notre initiative, j’aimerais
disséquer le don. En cette période du primat de l’économie,
je voudrais évoquer que donner c’est recevoir, donner c’est
choisir, c’est décider, créer, accéder à la responsabilité !
Ce qui fonde les civilisations c’est l’échange et le
partage, développons.
Aujourd’hui, l’ambiance générale et le fil conducteur des
politiques actuelles est de créer une économie générale des
pratiques humaines. Tout devient marché. Et même dans les
activités sportives, et de proche en proche, les activités
physiques de pleine nature sont contraintes et astreintes à
la professionnalisation. La société vise à transformer les
sorties organisées par nos initiateurs en des interventions
d’encadrants, à proposer des offres de service. On cherche à
constituer les deux termes de l’échange : un produit et un
consommateur. On crée le besoin, on crée l’offre. Plus
sournoisement je crains, on vise à créer sur le long terme
un marché qui va dégager des profits : baliser le travail
pour fortifier le capital. Bigre, nous sommes loin du non
lucratif et de l’activité de plaisir ! De l’épanouissement
et du partage, du don qui vise à appeler l’autre, de
l’échange qui permet la rencontre de l’autre, du partage qui
conduit à reconnaître son alter égo.
L’objet du CAF n’est pas de produire du sommet mais de faire
grandir, l’alpinisme n’est pas la consommation du dernier
glacier à la mode mais voyage intérieur et reconnaissance de
l’autre au sein de la cordée.
Non à la marchandisation de nos activités
!
Vive le don, et pour illustrer le propos
sur le don, l’exemple le plus parlant est, je crois, notre
organisation sous la forme d’un éco-congrès. Nous avons
donné, beaucoup, beaucoup de travail, et nous avons beaucoup
reçu : une ambiance intense entre nous bénévoles, des
congressistes complètement heureux, des remerciements à ne
plus finir. De la joie, de la sueur, de l’angoisse et de
l’amitié. Une alimentation et des menus savoureux et
originaux, avec des produits de saison, issus de producteurs
bio locaux, fruits de travailleurs locaux.
C’était du travail, du bonheur entre gens
de chez nous, une forme d’économie courte et concrète.
C’était un échange entre gens qui se veulent du bien, qui se
font du bien.
C’est pour moi un exemple probant
d’économie sociale et solidaire.
De ce grand moment du CAF de Caen, nous pourrons donner des
suites durables :
Nous sommes maintenant sur un chantier de recréer un refuge,
ce sera encore beaucoup de taf mais autant de satisfaction.
Avec ces nouveaux murs, nous pourrons honorer nos anciens
qui avaient bien trimé à l’époque pour construire et
entretenir le refuge actuel. Nous allons aussi reproduire le
Mois de la Montagne en janvier 2012 qui pourra devenir un
moment habituel d’expression de nos valeurs de CAFistes.
J’allais oublier de le dire, comme on
a parlé que sous dans cet édito, question budget et recettes
du congrès, rien à signaler car nous avons dû dégager un
bénéfice de 400 € pour une dépense totale de 85 000 € ;
Honneur et longue vie aux bénévoles qui
portent haut et fort les valeurs de partage, don et
responsabilité, les 3 piliers de la démocratie.
Au revoir Henri.
Henri LECONTE nous a quitté le 8 décembre dernier dans sa 86ème année.
Fréquentant la montagne depuis le début des années 1950, avec son épouse Renée : déjà il gravissait le Mont-Blanc, le début d'une longue série d'ascensions qui le verra sur la plupart des sommets du massif du Mont-Blanc.
Cafiste depuis 1953 il participa à des collectives. Chamonix devint son "camp de base" privilégié, mais il faisait des incursions dans les Alpes Valaisannes et jusqu'en Oberland.
Alpiniste : il gravit un nombre conséquent de fois le Mont-Blanc par différents itinéraires au nombre de ceux-ci, la Brenva, la Kufner, le triangle, traversées, également la "nord" de Bionassay, la Frendo à l"Aiguille. du Midi, et les satellites, Droites, Courtes, Dolent, Grandes Jorasses etc…Mais également l'Eiger (Mittelegui), le Grand-Combin, le Mont-Rose, le Cervin et combien d'autres. C'était un Montagnard qui prenait autant de plaisir dans les grands itinéraires qu'à parcourir : l'Aiguille du Tour, la traversée des Crochues ou l'Index avec des débutants qui appréciaient sa pédagogie et sa patience.
Henri prit sa part de responsabilités dans la conduite de la Section de Basse-Normandie du Club-Alpin. Fin des années 1960 : Henri est Secrétaire du Club sous la Présidence de Claude LEMEILLEUR, le secteur de Flers étant conduit par Roger BISSON, puis Henri succéda à Claude à la Présidence il passera le "témoin" d'un club actif quelques années plus tard. Beaucoup "d'apprentis montagnards" ont fait leurs premières voies à Clécy avec Henri.
A lar fin de leurs carrières professionnelles (Enseignants), en 1984 : Henri et Renée sont allés à la découverte du Népal, un ancien projet, rêve devenu réalité, pendant trois mois : trek au Khumbu et rencontres avec les Népalais. Revenus de là-bas "émerveillés", ils y retournèrent ainsi qu'en Inde Laddak. Renée prématurément disparue, Henri retournera au Népal, seul, à plusieurs reprises, jusqu'à ce qu'un groupe de Cafistes se décide à découvrir ce pays magique en 1999. Henri sera de la partie, à 74 ans il sera au sommet du Gokyo-peak (5400 m) au Khumbu puis en 2001 dans les Annapurnas avec un groupe, ce sera son dernier séjour là-bas à 76 ans, dans le "sanctuaire des Annapurnas" il s'émerveillera devant ce 8000 et l'extraordinaire paroi de 4000 m de la face sud.
Henri vient de partir pour le plus long des treks, celui qui est sans retour. Montagnard accompli, ami sûr et fidèle, nous ne t'oublierons pas...
Robert SCELLES

Au sommet du Gokyo-peak (54OOm) en octobre 1999